Les 3 temps du leadership

Le leadership est devenu un véritable défi pour la performance et la pérennité de nos entreprises. Pourquoi ? Tout simplement par le fait qu’un nouveau management est en train de naître au beau milieu d’un champ de changements multiples. Changement de nos systèmes d’organisation, de nos moyens d’information, de connaissance et de communication. Changement de notre rapport au travail et des leviers de motivation. Changement des notions de pouvoir et d’autorité. Changement des critères de satisfaction au travail et des besoins d’équilibre personnel. Et surtout le changement de vouloir individuellement, dans notre vie privée comme dans notre vie professionnelle, rester maître de notre identité, de nos appartenances et de notre destin.

Dans ce chaos de changements multiples, existe une certitude. Le nouveau management reposera sur la force et l’intelligence du collectif. Il devra permettre aux acteurs d’aimer travailler et innover ensemble.

Il existe une autre certitude, démontrée depuis la nuit des temps, celle que la force d’un collectif d’hommes et de femmes passe inévitablement par la force d’une seule personne. Une personne qui va jouer un rôle particulier, celui de permettre l’émergence de cette force collective, qui, sans lui, resterait dispersée et impuissante. Cette personne est celle que nous appelons le leader.

Cette action individuelle, créatrice d’une puissance collective, initiée, guidée et facilitée par le leader se nomme le leadership. Le leadership va permettre au collectif de transcender les talents de chacun pour atteindre des objectifs ambitieux tout en assurant le développement de tous.

Ainsi, le leadership pourrait se traduire par l’ensemble des actions menées par le leader, permettant de créer un collectif aux pouvoirs surhumains, c’est-à-dire bien supérieur à la somme des pouvoirs des humains qui le compose.

Le leadership est un pouvoir individuel au service d’un pouvoir collectif.

Le défi, pour nos organisations est donc d’activer la puissance du leadership au sein de son ou de ses collectifs.

Le leader doit posséder des caractéristiques particulières qui feront de lui un élément particulier du groupe. Je ne souhaite pas ici revenir sur les caractéristiques propres aux leaders de demain, elles ont déjà fait l’objet de nombreux de mes articles.

Nous savons également que chaque leader va développer un leadership unique, créé en fonction de sa personne, de son contexte, de son collectif et de la vision qu’il partage. N’oublions pas que le leader est toujours dans l’histoire d’un collectif, la bonne personne, au bon endroit et au bon moment.

Je souhaiterais plutôt ici partager avec vous une notion universelle du leadership, au regard du temps et de la chronologie nécessaire à son émergence.

L’émergence de tout leadership passe inéluctablement par 3 temps distincts et successifs.

Le premier temps : l’écoute.

En tout premier le leader doit écouter. Mais écouter quoi me direz-vous ? Je vous répondrais qu’il doit tout écouter, avec attention et surtout ce qui n’est pas dit, ce qui ne s’entend pas, ou ce qui n’existe pas encore. Il doit écouter ses collaborateurs, ses équipiers ou son peuple. Il doit écouter son organisation, son histoire, ses forces et aussi ses faiblesses. Il doit écouter les signaux forts comme les signaux faibles des menaces, des opportunités, des espoirs et des peurs. Le leader doit écouter l’enseignement du passé, la réalité du présent et l’émergence du futur. Il doit aussi s’écouter lui-même pour entendre naître au plus profond de ses entrailles, les valeurs et les convictions qui l’animeront tout au long de sa vocation à servir une cause plus grande que lui.

Ecouter comme Mandela.

Dans sa jeunesse, Mandela assistait souvent à des réunions tribales au cours desquelles le roi avait pour principe de ne parler qu’en dernier, après que chaque membre ait pu s’exprimer autant qu’il le souhaitait. Plus tard, Mandela repris à son compte ce principe, et lors des réunions qu’il organisait, il passait la majeure partie de son temps à écouter chacun avec une grande attention. A la fin du tour de table, il synthétisait l’ensemble des différents points de vue pour proposer un seul regard consensuel. Malgré la pression de ses proches, qui souhaitaient une action plus rapide de la part de leur leader, Mandela ne dérogea pas une seule fois à ce principe de leadership, qu’il estimait primordial.

Le deuxième temps : l’inspiration

Après cette phase d’écoute à large spectre, le leader va regarder l’horizon. Dans cette vision lointaine, là où la majorité des gens verront un futur, le leader y verra un avenir, c’est-à-dire un futur choisit et construit autour d’une cause commune et ambitieuse. Le leader devra dévoiler, dessiner et transmettre la vision de cet avenir impalpable, enfuit au plus profond des rêves et des espoirs collectifs. Ce dévoilement, le leader ne pourra le faire qu’avec son cœur en s’adressant directement aux cœurs de ceux qu’il souhaite guider. Ce dessin, le leader devra le réaliser avec et les aspirations communes, pour que chacun puissent s’y reconnaître. La transmission de cette vision, le leader devra la faire avec ardeur, optimisme et authenticité pour qu’il s’enracine au plus profond des désirs de chacun. Selon la culture de son organisation, le leader peut aussi prendre le rôle de « facilitateur à la rêverie » dans un processus de co-construction de la vision.

Inspirer comme Martin Luther King

Dans son illustre discours prononcé le 28 août 1963 au Lincoln Mémorial de Washington D.C. le pasteur Martin Luther King improvise une anaphore devenue célèbre : « I have a dream » (j’ai un rêve). Cette parole inspirante lui fut, elle-même, inspirée par une chanteuse de gospel Mahalia Jackson qui lui conseilla de parler du rêve qu’il avait pour la communauté Noire et pour l’égalité entre blancs et afro-américains. Par cette seule phrase, le discours de Martin Luther King est considéré depuis comme l’un des discours les plus inspirants du XXème siècle.

Le troisième temps : la mobilisation

Après le temps de l’écoute et celui de l’inspiration pour un avenir commun, le leader doit initier le mouvement, engager l’action et libérer les énergies. « Une vision sans action, reste un rêve. » Le rêve doit devenir réalité par l’impulsion donnée par le leader. L’engagement de tous dans le projet devient la priorité. Par la confiance qu’il transmet, son exemplarité et sa foi en la réussite, le leader va mobiliser chaque individu afin qu’il devienne un acteur à part entière du changement collectif. Mettre l’équipe, l’entreprise ou l’organisation en marche vers la construction d’un avenir commun est fondamental pour l’instauration d’un leadership efficient et durable.

Mobiliser comme Barack Obama.

Au cours de sa campagne électorale à l’élection du poste de sénateur pour l’état de l’Illinois aux Etats-Unis, Barack Obama, enregistre des clips de promotion. Comme tous ses concurrents, avec son équipe, il cherche à attirer le plus de monde sur sa candidature. Il souhaite profondément redonner confiance aux personnes à qui il s’adresse, en leur faisant passer le message qu’ils peuvent changer s’ils le veulent vraiment. Un jour de 2004, Barack Obama se retrouve donc à lire en studio d’enregistrement un discours écrit par son équipe, devant la présence de son épouse Michelle, qui l’écoute avec une attention particulière, comme nous pouvons l’imaginer. Ce discours se terminait par ces mots : « Yes we can » (Oui nous pouvons). C’est en prononçant ses 3 mots, qu’il a vu dans les yeux de son entourage et surtout dans les yeux de son épouse, la puissance mobilisatrice qu’ils pouvaient engendrer. Ces trois mots le porteront jusqu’à la présidence des Etats-Unis.

Une valse à 3 temps.

Ces 3 temps du leadership doivent se succéder tout en se répétant à l’infini, pour créer un mouvement unique, semblable à celui produit par une valse. Une belle valse est un mouvement fluide qui porte le regard, l’émotion et le plaisir bien au delà des temps qui la composent. Pour maintenir son leadership dans la durée, le leader devra continuellement activer les 3 temps de cette valse. Si à un moment donné le leader ne respecte plus l’un des temps, son leadership disparaîtra. Est-ce que vous pourriez continuer à suivre un leader qui n’écoute plus, qui n’inspire plus ou qui n’est plus mobilisateur ? Non, sûrement pas. Et pourtant, combien de leaders, une fois les premiers tours de valse effectués, commencent à oublier l’un des 3 trois temps fondamentaux ?

Combien de leaders, devenus sourds, se sont coupés de leurs équipes, du contexte de leur organisation ou des évolutions futures ?

Combien de leaders, devenus insensibles, se sont retranchés derrière les chiffres et les résultats de performances en oubliant la puissance prodigieuse, voire surhumaine, que peut avoir un rêve ?

Combien de leaders, devenus tristes et pessimistes, ont laissé sur le bord de la route toutes les énergies créatrices de ceux qui voulaient s’impliquer dans la construction d’un avenir meilleur ?

Vous êtes dirigeant ou manager, et vous souhaitez apprendre la valse à 3 temps d’un vrai leadership, inspirant et productif ? J’ai 4 recommandations à vous transmettre.

  1.     Gardez votre esprit ouvert en éveillant tous vos sens.
  2.     Cultivez votre intelligence émotionnelle en ranimant votre coeur.
  3.     Engagez-vous avec optimisme en propageant votre enthousiasme.
  4.     Inscrivez-vous au Club du Leadership en cliquant

Jean-Michel PHILIPPON Co-fondateur du Club du Leadership

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